Musée de la Résistance
Dans le cadre de la réhabilitation et la construction d'une extension du Musée départemental de la Résistance, notre groupement a proposé une réhabilitation complète du musée de la résistance ainsi qu’une refonte globale du parcours muséal et scénographique.
Ce projet vise à renouveler l’approche pédagogique et mémorielle du musée à travers une scénographie immersive, interactive et accessible, structurée en six grands espaces retraçant la Seconde Guerre mondiale, la Résistance locale et la reconstruction.
| Client | Département de la Drôme |
| Lieu | Vassieux-en-Vercors |
| Surface | 1700 m2 |
| Coût | 6M € ht (Finaliste ) concours perdu |
| Équipe | CUYNAT Construction, Agence DOOBLE architecte, Agence DE SOUSA (scénographie / Muséographie), ANAMNESIA (BET Multimédia), ADIMES (Agencement scénographie), DENIZOU (BET économiste de la construction), CET Bâtiment et Energie, CANOPEE Paysagiste |
| Missions | DIAG + BASE + SCENOGRAPHIE / MUSÉOGRAPHIE + SIGNALÉTIQUE + OPC |


Le parcours scénographique est conçu comme une narration en six séquences, mêlant objets, témoignages, multimédia et graphisme. Il offre une pluralité de lectures (classique, incarnée, experte, enfantine) pour s’adapter à tous les publics.
Les dispositifs numériques (cartographies, projections, bornes, outils ludo-éducatifs) enrichissent la visite sans la détourner, favorisant une appropriation active des contenus.
La scénographie utilise des matériaux bruts et naturels, évoquant le Vercors et ses mémoires. Chaque espace possède une ambiance propre : bois brûlé pour l’offensive allemande, verts pour le maquis, blancs pour la reconstruction.
L’identité graphique repose sur la fragmentation et le collage, symboles des ruptures et reconstructions historiques.
Plongez dans l’histoire vivante de la Résistance au cœur du Vercors. Un musée réinventé, entre mémoire partagée et expérience immersive.

La visite commence dans un vaste hall d’accueil, pensé comme une introduction au territoire du Vercors. Une vidéo immersive présente les caractéristiques géographiques, historiques et culturelles du massif, accompagnée d’un témoignage de Pierre Point, futur maquisard, et d’un objet emblématique : le guide touristique de 1937. La fresque de l’Abbé Labeste, installée dans cet espace, offre un support de médiation privilégié, notamment pour les groupes scolaires. C’est également ici que débute le parcours ludique destiné aux enfants, sous forme de chasse aux trésors.
Le visiteur est ensuite invité à plonger dans le contexte général de la Seconde Guerre mondiale. Une frise chronologique en trois temps retrace les grandes étapes du conflit, de la montée du nazisme à la mise en place du régime de Vichy, en passant par les débuts de la Résistance. L’espace, traité dans des tons rouges et sombres, évoque la gravité de la période. Des vidéos d’archives,des témoignages incarnés et des objets marquants viennent enrichir cette séquence, qui pose les bases historiques nécessaires à la compréhension du parcours.
La scénographie se poursuit dans la Grange Allard, véritable cœur du musée, où le visiteur découvre l’histoire du Vercors Résistant. L’espace évoque le relief du plateau à travers des matériaux naturels et des cimaises aux formes variées.Une projection immersive d’un ciel en mouvement au plafond rappelle l’importance du ravitaillement aérien et les menaces venues du ciel. Le parcours est ponctué de dispositifs interactifs : cartographies, témoignages,objets personnels, vidéos d’experts et reconstitutions. Chaque élément contribue à faire ressentir l’engagement des maquisards et la vie dans les camps.


Dans la continuité, le visiteur entre dans une séquence sombre et pesante consacrée à l’offensive allemande de l’été 1944. L’espace est marqué par une scénographie déconstruite, des socles fragmentés et une ambiance visuelle dramatique. Une cartographie interactive retrace les attaques, tandis que des objets issus des combats – fragments de planeurs, vestiges de l’église, objets de la grotte de la Luire – témoignent de la violence des événements. Des vidéos d’experts et des récits de survivants viennent compléter cette immersion.
Un moment de recueillement est ensuite proposé dans un espace dédié à la mémoire des victimes. Le silence y règne, renforcé par un éclairage tamisé et une scénographie épurée. Des projections murales font défiler les noms des disparus, que le visiteur peut explorer via une dalle interactive. Sept niches présentent des objets personnels liés aux victimes, éclairés en synchronisation avec les projections. Ce dispositif invite à une contemplation intime et solennelle.

La visite reprend son fil chronologique avec une séquence consacrée à la libération de la Drôme et à la fin de la guerre. Une frise murale blanche, en contraste avec les précédentes, présente les événements marquants de cette période. Des objets de collection et des témoignages illustrent les soulèvements, l’arrivée des Alliés et les premières reconstructions. Un nouveau parcours ludique est proposé aux enfants, incarné cette fois par la petite-fille de Marius le Maquisard.
Le thème de la reconstruction est ensuite abordé dans un espace scénographié comme un chantier en cours. Les matériaux bruts, les traces de l’ancien aménagement et les dispositifs inachevés évoquent le passage du chaos à la résilience. Le visiteur découvre les bilans humains et matériels, les reconstructions physiques et individuelles, ainsi que les enjeux politiques et sociétaux. Des dispositifs interactifs – cartographies, vidéos, reconstitutions 3D –accompagnent cette exploration. Des objets emblématiques, comme ceux issus de la boucherie Allard, incarnent la transformation du village.


Enfin, la dernière séquence propose une réflexion sur la mémoire et son
évolution. Le visiteur circule dans un espace semi-obscur, conçu comme
un cabinet de curiosité dédié à Joseph La Picirella, figure majeure de
la mémoire résistante. Des documents, ouvrages et objets personnels sont
présentés dans une ambiance intime.
Une cartographie interactive des
lieux de mémoire, un livre d’or numérique et un mur d’expression
permettent aux visiteurs de partager leur ressenti et de prolonger la
réflexion sur la transmission de l’histoire
